Extrait de l'entretien avec Jean-Baptiste Sauvage mené par Paul Ardenne

... Paul Ardenne — L'oeuvre d'art, ici, s'élabore de multiples façons. Par la conduite, bien sûr, mais aussi par la vision, l'ouïe, la saisie d'une ambiance. Être « artiste », dans ce cas, s'assimile à l'ouvrage d'un « Moto jockey », un Mj, tout comme un Dj investit dans l'univers de sons multiples et dépareillés, pour les articuler dans une création unifiée et homogène...

Jean-Baptiste Sauvage — C'est toujours une question de montage, articuler des fragments pour en faire une forme. Je travaille avec des morceaux de réalité, de paysage, que je mont(r)e. Les caméras fixées de part et d'autre de la moto balaient le paysage en périphérie de la piste, au plus près de celle-ci pour une variation de travelling qui est déjà une forme particulière de captation, de révélation du paysage. Le tracé du circuit est en lui même une boucle, une séquence, et cette boucle, ce sample, structure ici l'objet produit (le film). Le montage se fait déjà au moment de la prise de vue, piloter et capter une double vision périphérique, dyptique filmique qui se frictionne à son intersection lors de sa remise à plat dans l'espace d'exposition. Deux vues d'un paysage remises côte à côte défilent et se cherchent à l'horizon, deux vues abstraites où l'on plonge dans la matière quand la moto est sur l'angle ...

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